L’art délicat de la référence…

La référence, un espace de repère commun, un point de communication qui permet de se comprendre quand il est difficile de décrire par des mots une sensation subjective. 

Il arrive parfois que le film, la séquence, soit une référence à part entière à un monde, un univers connu. Un jeu à destination du public, qui connait les codes qu’on lui propose et qui peut identifier et associer le nouveau visuel à la référence. Pour être absolument sûr que ce jeu fonctionne, il faut que la musique et l’image fassent corps autour de la dite référence, qu’elles rappellent chacune par leurs outils les règles qui font écho.

Ici vient se poser le problème de la citation, du plagiat… Comment fait-on pour faire référence sans copier, sans plagier ? Évidemment, le plus simple, musicalement, est de solliciter le droit d’utiliser directement la musique d’origine. Mais à quel prix ? J’avais négocié pour un long métrage les droits d’utiliser « It’s raining men », pour un gag voulu par le réalisateur. Malheureusement, il lui fallait utiliser la totalité de son budget musique pour une minute, irréaliste à l’échelle de la plupart des budgets de production. La question se pose alors de demander à un compositeur de créer un titre suffisamment explicite pour que tout le monde comprenne l’idée mais suffisamment différent pour ne pas être du plagiat. 

Et c’est là que les ennuis commencent pour le compositeur avec un travail particulièrement difficile. Autant il est facile de trouver les caractéristiques techniques d’une musique, autant il est peu aisé de saisir le petit quelque chose qui fait que tout le monde comprend la référence sans tout copier ou plagier. Et même, une fois que l’on pense avoir trouvé ce qui fait l’essence d’une musique, ce quelque chose n’est-il pas justement ce qui la caractérise de manière certaine et pourrait donc par extension faire objet d’une plainte ?

Ne cherchez pas une définition technique du plagiat, il n’y en a pas. Tout ce que vous pourrez trouver sur un nombre de notes ou de mesures est de la légende urbaine. Non la seule définition est l’intention de vouloir s’approprier une œuvre, de copier ce qui la caractérise et ce, en cas de plainte, laissé à l’appréciation subjective d’experts et finalement d’un juge, lui non spécialiste. Je vous laisse donc méditer en estimant dans chaque composition faisant référence, le risque, le côté aléatoire et le défi qui est proposé dans un jeu de combinaisons musicales subtiles.

Nathanaël

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