Musique non émotionnelle

Le titre pourrait être suivant la considération et l’approche que l’on a de la musique, une forme d’oxymore. Pourtant, c’est une demande qui surgit parfois au détour d’une conversation avec un réalisateur. Sur un passage donné, une séquence, il semble que les images ont la charge émotionnelle suffisante mais il manque un petit quelque chose pour donner un peu plus de vie. Un petit plus qui ne vienne pas charger ou connoter émotionnellement la scène.

Simplement, est-il possible qu’une musique ne soit pas chargée en émotion ? Mais en allant plus loin, est-ce la musique elle-même qui est chargée d’émotion ou l’auditeur qui la remplit par son écoute, son vécu de sa propre charge émotionnelle. Ainsi, une musique pourra-t-elle être mélancolique pour l’un et simplement ennuyeuse pour un autre ? Est-il possible que la charge émotionnelle que l’on confère à la musique varie d’un jour à l’autre, d’un moment à l’autre de nos vies ?

Comment alors qualifier une musique de non émotionnelle… Problème qui paraît insoluble. On pourrait toujours tenter une approche mathématique avec le théorème P=NP, sauf qu’il fait toujours partie des problèmes à résoudre à un million de dollars, si quelqu’un a la solution, qu’il n’hésite pas.

Tentons donc une approche de côté, considérons non pas la musique comme un élément seul mais bien la musique avec l’image et sa charge émotionnelle développée. L’ajout d’un élément supplémentaire ne complique pas l’équation. Au contraire, il donne une nouvelle dimension et une nouvelle approche. Évidente s’il en est, la musique associée à l’image ne vient pas générer les mêmes émotions au spectateur puisque c’est une approche globale reliée à l’humeur dudit spectateur bien sûr, mais aussi et surtout à l’alchimie musique et images.

Il paraît alors possible que seule l’image soit chargée émotionnellement et que la musique se borne à travailler sur le rythme, que chacun prenne sa place dans une combinaison satisfaisante pour le spectateur. Alors oui, une musique en contexte peut bien être non émotionnelle et trouver une fonction différente. Reste à déterminer d’un ressenti commun avec le réalisateur puis en extrapolation vers le public quel type de musique avec quelles images, question classique du métier en somme. Merci à Thomas Newman et Sam Mendes de nous avoir laisser quelques références en la matière…

Nathanaël

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