Bernardo Bertolucci, une dernière danse…

Ainsi va la vie, on tourne, on avance, on danse, jusqu’à la dernière.

La danse létale, celle qui nous emmène vers un endroit inconnu. Si Bernardo vient juste d’achever les derniers pas de danse, pour Maria ce fut il y a longtemps déjà et c’était un tango. A l’heure des hommages mais aussi des sorties plus critiques, la question qui se pose est un peu toujours la même. Quelle place donner à l’œuvre, à son auteur ? Peut-on tout se permettre sous couvert d’une œuvre aussi grande soit-elle et comment dissocier l’œuvre de l’auteur ?

Il va sans dire que je n’ai aucune prétention à répondre à toutes ces questions ici et que d’autres bien plus à même ont déjà lancé des pistes ou des réponses.
Ce qui m’intéresse finalement c’est plus la place de l’artiste et même au-delà de la notoriété. Après le tango, Bernardo a tourné d’autres danses et il n’a jamais rencontré de problème pour trouver des interprètes, comme il n’a pas eu de problème pour trouver un public.

C’est peut-être là que se situent les vraies questions. Y aurait-il une forme d’exception culturelle, non pas à la française, mais malsaine qui permet tout ? Au-delà de la présomption d’innocence évidente, la question se pose pour plusieurs artistes, en vrac dans le cinéma on peut penser à Polanski, Allen ou à Gauguin dans la peinture ou Céline dans la littérature pour aller sur les plus connus.

Je peux ne pas aimer l’artiste et aimer l’œuvre mais dans un autre temps, est-ce qu’en allant voir l’œuvre je ne cautionne pas d’une certaine manière les pratiques de l’artiste ? Ou plus simplement, que dit l’œuvre de l’artiste ?

Je n’ai aucune réponse tranchée et évidente, parce que je crois qu’il n’y en a pas. Je dirais que c’est à chacun de savoir où placer son choix, son militantisme, son pouvoir d’action. Par contre je sais qu’il ne peut y avoir deux espaces de vie et de justice différents, celui de tout un chacun et celui de la notoriété ou de l’art. Il m’apparaît sans doute naïvement normal que tout le monde danse sur le même rythme et le même tempo et que l’art aussi nécessaire et beau soit-il ne justifie pas de pas de côté ou de danse macabre.

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