Clint…

J’ai toujours aimé Eastwood.

Je me demande même si les westerns spaghettis et plus encore ses premières réalisations notamment « L’homme des hautes plaines » n’ont pas été un tournant dans mon amour pour le cinéma.

J’ai ainsi gardé une affection particulière pour l’acteur et le réalisateur qui avait fini de me conquérir avec « Impitoyable », chef d’œuvre crépusculaire avec une mise en abîme de son propre personnage. Je suis donc allé voir « La mule » avec une forme d’espoir, celui de retrouver Clint à son meilleur devant et derrière la caméra. Car même en étant admiratif de son œuvre, il faut admettre qu’il y a eu forme de vide depuis « Gran Torino » et quelques films, disons plus ou moins réussis, à mon goût évidemment. Il faut reconnaître son art de filmer la vieillesse, de se mettre lui-même en scène, ridé, fatigué, usé, pétri de regrets et en quête de rédemption.

Il y a sans doute un film dans le film, une histoire personnelle dans la narration. On retrouve bien des jolis plans, un bon jeu d’acteur mais pour le reste, on s’ennuie un peu, la faute sans doute à cette quête. Je me demande si finalement en trois films majeurs « Impitoyable », « Sur la route de Madison » et « Million Dollar Baby », tout n’avait pas été dit en terme de regrets, de choix et de pardon.

La mule, inspiré d’un fait réel, plutôt cocasse il est vrai, n’est ni un film divertissant, ironique, ni un grand film de rédemption, il navigue entre deux eaux, à la lenteur de la vieillesse. Il me semble plus que tout avoir une forme testamentaire personnelle, Eastwood faisant jouer sa propre fille et lui avouant avoir raté son rôle de père, regrettant ses absences. Alors oui j’aime à critiquer autant que j’attends beaucoup d’un artiste à la carrière immense. Parce que, ne nous trompons pas, le nombre de fois où nous pourrons voir encore Eastwood risque d’être assez minime et il faut prendre un peu de recul pour mesurer l’amplitude de l’œuvre laissée à l’heure des superproductions, des effets, de la surenchère perpétuelle, il reste avec Eastwood la classe et l’élégance du classicisme, l’art de filmer simplement sans artifice inutile !

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