Fin d’année…

Bientôt juin et un parfum de fin d’année, de fin d’année scolaire et avec son lot d’examens et de diplômes à distribuer. La formation de composition de musique à l’image n’échappe pas au rituel.

Reste une séance de cours, une dernière, puis ce sera l’épreuve de composition, la mise en loge.

Chaque étudiant se retrouve seul avec son matériel face à un film qu’il ne connaît pas. Il a 5 heures devant lui, 5 heures pour créer, orchestrer, arranger, mixer et livrer un produit fini. 5 heures face à soi-même avec un impératif de résultat, quel qu’il soit. Le temps imparti, le temps de faire, simulation du réel, du métier avec ses exigences. Des choix à faire, des choix qui seront à défendre ensuite. Après la mise en loge vient la soutenance, une semaine plus tard. Un face à face avec le réalisateur du film. Présenter son travail, expliquer ses options, son instrumentation, sa musique. Puis vient la réaction du réalisateur, ses impressions, ses retours, sa vision, possible remise en cause du travail accompli. S’ajoute alors l’écoute d’un compositeur du jury, expertise technique, une oreille sur chaque détail. Les 5 heures d’efforts disséquées, passées au crible, analysées, décortiquées, note par note, intention par intention. Un examen est un moment à part, il reste une bulle d’exception dans la réalité du métier. Même si on tend à lui donner une forme réaliste, il reste une loupe posée à un instant, un focus extrême. La réussite dépend évidemment du talent, du savoir-faire mais aussi de la capacité à gérer le moment, de l’adaptation au contexte particulier, à la surexposition, la surréaction, à être un peu plus que soi-même sans en faire trop.

Bien sûr l’épreuve est conçue pour évaluer des capacités, des acquis, une liste d’éléments qui donnent l’idée que l’étudiant est prêt à voler de ses propres ailes, à être autonome dans son métier de compositeur, qu’il est suffisamment armé pour avancer et trouver par lui-même ce dont il aura besoin. Parce que bien sûr, dans le meilleur des cas, on repart de l’examen avec un diplôme, la fierté d’avoir accompli quelque chose, une reconnaissance, la validation d’un savoir-faire mais le chemin ne fait que commencer. Étudiant ça n’est pas un statut social le temps d’études sanctionnées par un diplôme, non, je crois qu’étudiant c’est un état d’esprit, de curiosité, d’envie, d’ouverture, qui nous fait avancer en permanence. Du temps où j’avais le statut d’étudiant j’ai eu un professeur de piano qui disait qu’on ne stagnait jamais, soit on progressait, soit on régressait et je tends à croire qu’il a raison. Alors même si je n’ai plus le statut, j’ai choisi de tenter de rester étudiant, à vie …

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