Montage, démontage, des montages

Il parait selon un article du journal Le Monde que Steven Soderbergh est un fou de montage, à tel point qu’il a proposé sa propre version de 2001 « L’Odyssée de l’espace ». Je ne suis pas expert en montage mais je comprends bien l’art délicat en lequel il consiste. Cette étape cruciale du processus de création peut être une totale réécriture d’une œuvre ou simplement le prolongement d’un travail déjà accompli. Il ne s’agit pas seulement de choisir entre plusieurs prises laquelle est la bonne, non c’est bien au-delà, il s’agit d’imprimer un rythme voire de raconter une histoire. Il y a eu des expériences cinématographiques de films tournés sans réelles narrations, sur des situations, du jeu, un peu d’improvisation et dont la trame narrative est apparue au montage. Robert Altman était assez friand de ce mode de travail.

C’est quelque chose que je n’ai que peu expérimenté en musique. Cette idée de pièces à assembler, à monter… Il y a un peu de ça quand on joue avec des boucles instrumentales ou des samples, qu’on structure ces petits morceaux pour tenter d’en faire un grand. On doit à ce moment là se rapprocher de l’idée du montage image.

Mais il y aurait à mon avis, un autre territoire à explorer, sans doute déjà fait quelque part dans le monde et juste situé à distance de ma propre connaissance. Il serait intéressant de faire un montage comme l’imagine Soderbergh. Peut-être prendre une symphonie de Beethoven et en proposer un nouveau découpage et montage. Ou se lancer dans l’écriture d’une pièce de manière « classique » pour ensuite accepter de repenser chaque élément comme indépendant et se donner une deuxième étape de création. Je me doute comme dit plus haut que c’est une pratique qui doit se faire, je ne l’ai pour ma part jamais éprouvée, sans doute suis-je un peu trop traditionnel. Il y a pourtant un peu de ça quand un réalisateur vous propose votre musique écrite et pensée pour une scène sur une autre qui n’a rien à voir.

D’un côté cela remet en cause le principe de notre travail : faire de la musique à l’image. A savoir, non pas puiser une musique dans un réservoir possible de musiques teintées et triées selon des sentiments, tempi ou autre mais bien le fait de créer une musique unique pour une scène qui l’est tout autant. Sans que cela devienne une pratique récurrente et ordinaire, on peut d’un autre côté tenter de rester ouvert à la proposition, à la créativité, ce qui est aussi dans l’essence même de nos métiers. Il vous faut alors faire cette résilience instantanée pour devenir spectateur et vous dire que peu importe pour quoi elle a été écrite si ça fonctionne alors vive le montage et démontage !

Nathanaël

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