Saint Mark et ses disciples

Comme annoncé, je continue à remplir des mes mots l’immense entonnoir d’informations, de création, de prescriptions en tout genre que ce sont les réseaux et autres blogs. Attention, je ne crache pas dans la soupe (ou autre liquide ou nourriture) comme le dit l’expression. Il y a énormément de contenus pertinents, intéressants, instructifs.

La vraie question est qui choisit les contenus, quelle information surgit sur nos écrans, comment un algorithme choisit-il pour nous ? Sur quelle base, quel élément ? Qu’est-ce qui lui donne une légitimité à nous proposer des centaines informations plutôt que d’autres ?

J’enfonce sans doute une porte ouverte, comme le veut toujours l’expression consacrée, mais c’est à ce moment précis qu’il paraît judicieux de s’interroger sur la gratuité. Pas celle des actes charitables, non bien celle d’entreprises qui n’ont a priori peu le profil d’œuvres philanthropiques.

Si Mark n’est pas un évangéliste, il est bien prophète d’une certaine façon. Il a su avant beaucoup comprendre les enjeux et en tirer parti en offrant l’accès à son réseau à tous, en le rendant agréable, en y créant une forme de convivialité presque. Et si aujourd’hui il souhaite le « bien être » des abonnés, propose de pondérer les apparitions de messages publicitaires, de contenus payés au profit de ceux de nos « amis » (je simplifie à outrance le concept bien sûr) c’est parce que nous sommes son cœur de cible.

Le réseau social n’est pas le produit, il n’est pas à vendre, lui. Nous par contre, ce que nous postons, nos informations personnelles, nos contacts, nos humeurs, nos clicks, nos recherches, cet ensemble que je liste de manière non exhaustive, lui est à vendre. Nous sommes le produit.

Enfin, nos informations, celles que nous donnons, deviennent source de monétisation et au-delà d’influence, de prescription, voire plus, à chacun de se faire un avis sur les possibles, les probables et ce qui relève pour l’instant du roman d’anticipation…

On pourrait facilement taxer mon propos de manichéen : les gentils petits usagers contre les grandes méchantes entreprises. Ce serait simpliste, toutes ces entreprises ont pu se développer parce que nous l’avons bien voulu, parce que nous avons fourni la matière et le consentement nécessaire et sans doute aussi parce que cela nous a apporté quelque chose.

Si l’algorithme est capable de pondérer les informations peut-être pouvons-nous être capable de tempérer, de prendre un peu de recul, d’avoir une vision plus globale et large sur ce que nous voulons donner de nous-mêmes, en informations, en temps, en disponibilité et en curiosité…

Nathanaël

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