Hélène…

Hélène Ducrocq est réalisatrice. Elle dessine, crée des univers et s’exprime avec l’image, mais pas seulement.

Elle a aussi un blog où elle raconte la création de ses films (entre autres). Le travail sur son dernier film Maraude et Murphy que j’ai déjà évoqué sur ce blog, s’est terminé il y a quelques jours par l’enregistrement de la musique puis le mixage. L’aboutissement du (d’un) travail de longue haleine et le fruit concrétisé de la relation réalisateur/compositeur. Pour avoir le récit vu de la réalisatrice c’est par là, sinon pour le récit du compositeur il suffit de continuer la lecture…

Premier mouvement : la confiance.
Quand Hélène vient me parler de son projet, elle en est au début, tout n’est pas clair, pas encore abouti. Elle me montre ses notes, ses brouillons et point capital, elle me fait confiance. Confiance en mes remarques, mes retours, dans la possibilité de travailler ensemble sur ce projet. Effectivement beaucoup de binômes réalisateurs/compositeurs perdurent dans le temps, parce que la confiance qui se construit, s’étoffe au fur et à mesure des collaborations, est un élément essentiel de la relation.

Deuxième mouvement : les premières pistes et idées.
À ce stade là, n’existe que l’animatique du film. J’ai une idée générale du propos et l’intention globale du film mais tout est encore possible. On sait ce que l’on ne veut pas c’est déjà pas mal. Pour le reste, Hélène me propose de réfléchir à des musiques spécifiques pour les chauves-souris me montrant tout un travail effectué pour les musiques pour chat.
Même si je trouve l’idée intéressante, je préfère orienter le travail musical autour de références communes et de plus, il y a peu de chances que les chauves-souris soient les spectateurs principaux du film même si le producteur ne lésine pas sur les projections en grottes, un concept à développer.
Je finis donc par proposer à Hélène de trouver un style musical qui soit en lien avec l’ambiance générale mais (mais en trop ?) qui n’enferme pas le propos mais au contraire l’ouvre à une part de magie.
Je compose un premier essai basé sur les codes d’écriture de la musique celtique. L’assemblage avec les images, le mystère, la forêt, les grands espaces me paraît évident.

Troisième mouvement : la structuration
C’est le moment où j’ai le film en entier avec les bruitages, même s’ils ne sont pas encore définitifs, c’est un luxe pour moi. Je travaille donc dans de bonnes conditions et je peux élaborer sereinement le lien entre la musique et les bruitages pour donner une cohérence sonore générale au projet. Le son justement est fait chez Miroslav Pilon à Lyon, avec qui j’ai tissé d’étroits liens de travail depuis plusieurs années, ce qui me permet d’avoir le monteur son au téléphone, d’échanger avec lui pour affiner le rendu global avant le mixage.
J’ai écrit pour un petit ensemble orchestral afin de ne pas noyer l’image sous la musique et rester en rapport avec la dimension du propos : guitare, violoncelle, harpe celtique et percussions.

Final : enregistrement et mixage
Autant que possible, je préfère enregistrer des instruments plutôt que de faire jouer des sons virtuels. Je cherche Le (LE ?) son un peu plus brut, non débarrassé de ses impuretés, ce qui le rend vivant. Deux petites sessions, une pour le guitariste, une pour le violoncelliste. Ensuite une journée pour choisir les meilleures prises, faire un montage et ensuite mixer la musique. Une nuit, un peu de recul et j’envoie mes pistes chez Pilon cinéma pour le mixage final. C’est le moment où j’abandonne mon travail à d’autres mains, d’autres oreilles mais tout va bien Hélène veille…

Coda : cet article de blog, honteusement copié dans sa forme sur celui d’Hélène, n’est finalement qu’une mise en abîme par blogs interposés du dialogue incessant entre réalisateurs et compositeurs où comment raconter une même histoire de points de vue différents avec des langages différents…

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